Portrait / Jean-Marie Julien - CMJ sprl à Heyd

Par Caroline Lamy, mars 2009

CMJ, c'est:

Constructions Métalliques Julien.
Une SPRL composée d'une équipe de 12 personnes
Un atelier super équipé

Lorsque l'on pénètre dans l'atelier de la sprl CMJ, l'odeur du métal vous prend au nez et les énormes engins utilisés ou déposés en réparation ont de quoi vous faire penser à un mauvais film tant ils sont impressionnants ! Cliquez ici pour une petite visite de l'atelier. Cependant, derrière ces engins, il y a un patron fier de son équipe, des hommes passionnés par leur métier: le travail du métal. Rencontre.

ADL: Monsieur Julien, quelles sont les activités d'une entreprise de constructions métalliques ? Pourriez-vous nous donner quelques exemples concrets de travaux que vous réalisez ?

CMJ: La spécificité de CMJ, c'est de réaliser un travail de A à Z. Alors que certaines entreprises se spécialisent dans le soudage, d'autres dans le pliage ou encore dans l'oxycoupage, voire l'usinage, CMJ accomplit elle-même toutes les étapes nécessaires à un travail de construction métallique. Nos activités sont: soudure, montage sur site, tournage, fraisage, sciage, forage, pressage, pliage, cisaillage, cintrage, poinçonnage, oxycoupage, encochage. Nos travaux sont aussi divers que la fabrication de chassis de 2CV, le montage de presse pour ferrailleurs, la réparation d'engins de génie civil, le déplacement à l'étranger pour des soudures spéciales, de l'usinage tout type, travaux de mise en sécurité (carrière, par exemple), la construction de charpentes spéciales ou encore la réparation de pièces en aluminium (domaine de la compétition. Ex: carter de moto fendu).

ADL: Comment est née votre entreprise et comment a-t-elle évolué ?

CMJ: Mon entreprise est, en quelques sortes, née dans une grange. En effet, j'ai commencé petitement, après mes heures de travail. En 1991, je me suis installé comme indépendant à titre complémentaire. Je faisais surtout de la ferronnerie et de la petite construction. En 1993, je suis devenu indépendant à plein temps. Les choses ont bien évolué et, en 1999, CMJ sprl a vu le jour. Par manque de place où j'étais installé, j'ai déménagé et implanté mon activité sur la commune de Durbuy en 2006.

ADL: Pourquoi Durbuy ?

CMJ: A l'époque, et c'est toujours le cas actuellement, j'avais beaucoup de clients sur la commune de Durbuy, dont l'Administration elle-même (commandes de ferronnerie, réparations mécaniques, grilles de voiries, travaux de soudure et usinage...). Vu que le déménagement était inévitable, c'était autant de choisir le territoire durbuysien.

ADL: L'implantation de votre atelier en zone rurale ne pose-t-elle pas de problèmes (transport...) ?

CMJ: Absolument pas ! Que du contraire ! C'est un réel avantage: les fournisseurs sont toujours ravis d'arriver chez nous. Pour eux, c'est un réel dépaysement.

ADL: Quelles sont, selon vous, les principales clés du succès pour mener à bien une entreprise ?

CMJ: Le succès tient en trois mots: disponibilité - personnel - outillage.
Disponibilité: Je travaille aussi bien les dimanches que les jours fériés. Lorsqu'un client vous appelle pour un dépannage qui ne peut attendre, il doit savoir qu'il peut compter sur vous.
Personnel: Je suis entièrement satisfait de mon personnel. On forme une bonne équipe. Sans un bon groupe, l'entreprise ne peut être performante.
Outillage: Je suis très attentif à la qualité et à la performance des machines que j'emploie. Je tente toujours d'anticiper les besoins de l'entreprise afin de rester compétitif. CMJ = toujours une machine d'avance !

ADL: Quelles difficultés avez-vous rencontrées lors de la création de votre entreprise ?

CMJ: Convaincre les banques, trouver le personnel et le former. Vu les difficultés rencontrées avec les organismes bancaires, je n'avais pas d'autres choix que de commencer petit. Je n'ai trouvé de solution que dans le travail. Le travail m'a permis de faire évoluer mon entreprise.

ADL: Et aujourd'hui ?

CMJ: Il faut faire son nom auprès des clients, il faut savoir garder leur confiance. Mais il est également très difficile de trouver du personnel qualifié et, surtout, motivé. Les lois actuelles sont également très strictes concernant les normes de sécurité, notamment. Bien sûr, c'est nécessaire mais elles sont souvent trop exigentes. De notre côté, nous avons choisi de mettre en place un système VCA. Et puis, le contexte économique peu favorable n'arrange pas les choses.

ADL: Qu'est-ce que le système VCA ? Pourriez-vous nous en dire plus ?

CMJ: CMJ est certifiée VCA. Lorsqu’un entrepreneur ou un sous-traitant possède un certificat VCA (Veiligheidschecklist Aannemers, c'est à dire, en français, Certification Sécurité Contractants), cela signifie qu’il utilise un système de gestion de la sécurité qui répond aux exigences du VCA. Celui qui possède un VCA peut offrir des garanties pour la gestion des risques lors de l’exécution du travail.

(NDLR: Le VCA intègre des éléments provenant de directives européennes et non de législations nationales. Il peut ainsi être facilement mis en application dans différents pays. C'est intéressant pour CMJ qui réalise régulièrement des chantiers à l'étranger. Le VCA est fondé sur des systèmes de management, des systèmes d’évaluation et de gestion des risques, une description des responsabilités de l’employeur et de la ligne hiérarchique. L’implication de l’entreprise toute entière dans les problèmes de sécurité, de santé et d’environnement est un élément fondamental).

Concrètement, le personnel a reçu des formations au niveau incendie, machines, protection individuelle mais aussi des formations de pontier (manoeuvres de ponts roulants), d'élingage (accrochage de pièces que l'on doit soulever au moyen d'un engin), de clarkiste et, bientôt, de montage d'échaffaudages, de manipulation de grues télescopiques...

ADL: Travaillez-vous en collaboration avec d'autres acteurs économiques de la commune ?

CMJ: Oui, bien entendu. CMJ fabrique beaucoup de pièces métalliques et effectue aussi pas mal de réparations pour des entrepreneurs de la commune et des alentours. En général, ce sont des entrepreneurs dans le bâtiment. Je n'hésite donc pas à faire appel à eux pour mes propres travaux. Exemple, en ce moment, la construction d'un second hall pour CMJ. Je travaille uniquement avec des gens de la région.

ADL: Votre savoir-faire s'exporte-t-il ? Où se situent vos principaux clients / chantiers ?

CMJ: Nous travaillons, en effet, également hors frontières: principalement en France et en Allemagne. Un peu aux Pays-Bas. L'année dernière, en 2008, nous avons effectué un chantier en Norvège et une formation en Irlande. En 2009, une formation sur des concasseurs est prévue en Suède. Nous souhaiterions investir les Pays de l'Est: le marché pour une entreprise comme la nôtre va connaître, là-bas, une expansion certaine.

ADL: La construction métallique. Quel parcours pour y arriver ?

CMJ: J'ai fait mes A3 mécaniques (4 ans), ensuite, j'ai suivi une formation A5 en moteurs essence et diesel. J'ai également suivi 2 ans dans l'enseignement technique en soudure. Ensuite, afin d'ajouter plusieurs cordes à mon arc, j'ai suivi différentes formations en cours du soir: tôlerie, 2 ans en hydraulique et pneumatique, 1 an en dessinateur industriel. Et ce n'est pas terminé! Actuellement, j'étudie l'anglais: c'est bien utile lors de chantiers à l'étranger. Mon personnel suit aussi, régulièrement, des formations. Dans mon secteur, il est important de toujours se tenir à la pointe du progrès !

ADL: Selon vous, quels sont les atouts d'un bon manager ?

CMJ: Selon moi, un des atouts pour un patron, c'est la faculté qu'il a de gérer son équipe. Une fois que l'ambiance est bonne dans l'équipe et que tous les membres de personnel savent qui est le patron, le travail peut être effectué correctement et efficacement. Mais la qualité principale reste la volonté de travailler. Ma devise ? Mieux vaut suer que trembler ! Il faut foncer, ne jamais se laisser impressionner par la complexité d'un travail. Je me dis qu'il y a une solution à tout !

ADL: Quelle a été votre plus grande crainte ?

CMJ: L'installation dans mon nouvel atelier, ici à Aisne, en 2006. Je me suis dis que j'avais peut-être vu trop grand. Finalement non puisque, à l'heure actuelle, nous sommes en train de construire un nouveau bâtiment. Ceci étant, la conjoncture actuelle peut faire peur.

ADL: Quelle est votre plus grande satisfaction ?

CMJ: Mon personnel. Je suis fier de mon équipe. De par la qualité de leur travail, ces hommes me poussent à investir, à avancer. La fidélité de mes clients est aussi une grande satisfaction.

ADL: Des projets pour l'avenir ?

CMJ: J'ai un projet qui est en train de se concrétiser: CMJ s'agrandit. Un tout nouveau bâtiment est en train de voir le jour. D'un site de 1 100 m², CMJ va passer à 1 500 m². L'extension servira surtout à recevoir les gros engins type véhicules industriels. Je viens également d'acheter un centre d'usinage et un tour numérique. Ce sera, normalement, opérationnel en juin. Il me tient à coeur de toujours évoluer dans le matériel.

ADL: Un scoop ?

CMJ: La volonté d'investir dans un robot de soudage !

ADL: Quels conseils donneriez-vous à une personne qui voudrait se lancer ?

CMJ: Ne jamais céder à la panique, toujours bien se renseigner, s'entourer de gens compétitifs et d'expérience. "Ne réussissent que ceux qui osent oser" (Clémenceau).

Jean-Marie Julien est un Wallon qui vous ouvre les portes de son entreprise lors du Wallonie Week-End Bienvenue à Durbuy les 18 et 19 avril 2009. Plus d'infos ici.
CMJ Route d'Aisne 15
6941 Heyd
Tél.: +32 (0) 86 49 96 83 - Fax: +32 (0) 86 45 69 80
cmj@skynet.be

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