Portrait /Etablissements Dispas à Barvaux / Rencontre avec Philippe, Vincent & Sylvie Dispas

Entretien rédigé par Caroline Lamy, février 2014

Les Etablissements Dispas, à Barvaux, c'est un peu comme une institution. Pour chacun d'entre nous, c'est un point de repère : le souvenir de l'organisation d'une fête, l'image d'un camion garé en double file pour décharger des casiers, un sponsor sur une invitation...

C'est aussi, et surtout, une entreprise familiale, transmise de père en fils, depuis 1928.

Rencontre avec les 2 dernières générations : Philippe Dispas et deux de ses enfants, Sylvie et Vincent.

ADL: Monsieur Dispas, l'entreprise que vous gérez aujourd'hui va fêter ses 86 ans. Pourriez-vous nous raconter ses débuts et son évolution au fil des années ?

Philippe Dispas : C'est mon grand-père, Fernand Dispas, qui est à l'origine de l'entreprise. C'est en 1928 qu'il commence l'activité, rue Basse Cour à Barvaux. Très vite, en 1934, il décide de construire sa maison sur la Route de Bomal et de prendre pour dépôt son garage. Ensuite, en 1965, c'est mon père, Lucien, qui reprend le flambeau. Epaulé par ma maman, ils décident de construire un nouveau dépôt à côté de la maison familiale. Et c'est en 1971 que je rejoins mes parents dans la gestion du commerce. En 1978, papa et moi avons décidé de former une SPRL. Depuis lors, l'entreprise est toujours sous ce statut.

ADL: Votre grand-père était-il originaire de Durbuy ?

Ph. D. : Non. Il provenait d'Esneux où il travaillait dans une brasserie. Un jour, il a vu qu'il y avait un commerce de brasseur à remettre, ici, à Barvaux. Il s'est décidé à le reprendre et a donc emménagé sur la commune de Durbuy. Vous connaissez la suite...

ADL : Vous travaillez donc en famille. Comment sont réparties les tâches ?

Ph. D. : Je travaille avec mon épouse et deux de mes enfants. Mais notre sprl emploie également trois ouvriers.
Mon fils s'occupe aussi bien de la comptabilité que de la facturation et des livraisons. En ce qui concerne les nouveaux clients, c’est pratiquement toujours moi qui vais les rencontrer. Ma fille, quant à elle, gère tous les aspects liés aux membres du personnel, aide à la compta et tient le magasin, ouvert 7 jours sur 7, avec mon épouse. Font également partie de notre quotidien: le nettoyage des pompes, des frigos, la gestion du hall de stockage, des vidanges, etc.

ADL : Comment s'est passée la transmission d'entreprise avec votre papa et comment l'envisagez-vous avec vos enfants ?

Ph. D. : Vous savez, aussi bien mon père que moi-même et que mon fils sommes tombés dedans quand on était petit. On a toujours connu cette vie, on a appris notre métier sur le tas et on a toujours eu envie de maintenir l’activité. Cela se fait donc tout naturellement.

ADL : Selon vous, qu'est-ce qui explique la longévité de votre entreprise. 86 ans, ce n'est pas rien !

Ph. D. : Je dirais que ce qui fait notre force est notre service à la clientèle. Nous sommes reconnus pour cela.
Nous sommes joignables 7 jours sur 7. Si un client nous téléphone, à minuit, pour nous dire qu'il est à court de boissons (que ce soit pour un bal ou un restaurant), nous n'hésitons pas à sortir du lit pour aller le dépanner !
Mais ce n'est pas tout. Pour l'organisation de manifestations, nous avons pris l'option de livrer gratuitement le matériel tel que tables, bancs, pompes, frigos, bars... C'est une réelle plus-value pour nos clients.
Nous reprenons également les invendus.

Enfin, vu que nous en sommes à la quatrième génération, je dirais que notre entreprise est connue. Nos clients nous recommandent auprès de leurs relations amicales ou professionnelles et nous sont fidèles. Depuis toutes ces années, des relations de confiance se sont installées entre eux et nous.

ADL: A ce propos, qui sont vos clients ?

Vincent Dispas : Notre clientèle est principalement issue du secteur Horeca de la région. Nous desservons bon nombre d'entre eux sur la commune de Durbuy et aux alentours. Nous livrons généralement dans un rayon de 20/25 km à la ronde.
Nos clients sont également des organisateurs de manifestations, publiques ou privées. Dans ce cas, nous livrons dans un rayon géographique plus large. Enfin, nous fournissons également les particuliers.

ADL : Comment diriez-vous qu'a évolué votre entreprise sur les 10 dernières années ?

Ph. D. : Les années fastes sont loin derrière nous ! La crise, les lois et restrictions qui concernent la consommation d'alcool, la loi anti-tabac dans les cafés et les nombreuses faillites qui s'en sont suivies, la concurrence des grandes surfaces qui cassent les prix... font que notre entreprise n'a pas vraiment connu de croissance depuis.
Il y a vingt ans, nous faisions quatre tournées sur la semaine pour fournir les particuliers. Aujourd'hui, en deux jours à peine, la tournée est bouclée. Cette tournée était suivie de la livraison des cafés, hôtels et restaurants. Mais bon nombre de cafés ont fermé leurs portes à cause de la crise économique et de toutes les restrictions imposées au secteur Horeca.

ADL : Et pourtant, vous êtes toujours là !

Sylvie Dispas : Oui. Car nous sommes toujours disponibles et faisons le maximum pour satisfaire les clients aussi bien dans l’Horeca que pour l’organisation de leurs manifestations. La qualité du service est notre force.

ADL : Sur votre site Internet (www.ets-dispas.be), on peut lire que pour tout renseignement concernant une nouvelle affaire Horeca, reprise ou remise, il ne faut pas hésiter à vous contacter. Quel est donc votre rôle ?

Ph. D.: Dans le cas d'une ouverture, nous rencontrons les personnes, nous les mettons en contact avec les brasseries. Une fois un premier rendez-vous effectué, toute une négociation démarre entre les 3 parties, à savoir la brasserie, le négociant et la personne concernée. Nous travaillons afin que toutes les parties soient satisfaites.

ADL : Quels avantages pour le secteur Horeca de se fournir chez un négociant boissons plutôt qu'en grande surface qui, comme vous le disiez, casse les prix ?

Ph. D. : La question des prix pourrait soulever un grand débat, en effet. Il est devenu impossible, pour les brasseurs, de concurrencer les prix pratiqués par les grandes surfaces. Par contre, un brasseur dispose de tout le matériel nécessaire (pompes, frigos, bars, verres…) que les grandes surfaces ne fournissent pas. L’achat de fûts n’est également pas possible en grande surface. Donc, automatiquement, ce type d’achat s’effectue chez nous. Grande différence également, le service en tant que tel : livraison des boissons, reprise des vidanges, intervention de notre part si souci avec le matériel, disponibilité 7 jours sur 7, mission de conseil…

ADL : Vous disposez également d'une surface de vente: "Le Dispas Drink Market". Que retrouve-t-on dans votre assortiment ?

S. D. : On retrouve aussi bien des bières spéciales et trappistes que des bières, pils et sans alcool. Mais aussi des alcools, spiritueux et vins, des softs, eaux, limonades, jus de fruits, laitage et sirop, des cafés, soupes, thés, biscuits et chips ainsi que des nappes, serviettes, verres et gobelets divers. Nous proposons également des paniers à remplir ou déjà garnis ainsi qu'un petit choix d'articles de décoration.

ADL : Y a-t-il des conditions pour qu'une boisson fasse partie de votre assortiment ? Je pense notamment aux bières régionales, généralement produites en petite quantité.

Ph. et V. D.: Nous ne sommes liés par aucun contrat. Nous sommes donc tout à fait libres d’accepter l’introduction d’une nouvelle boisson (bière ou autre). Dernièrement, une petite brasserie nous a amené deux casiers. Mais qui dit "petite brasserie", dit "difficulté de se faire connaître au-delà de sa propre région". En résumé, s’il n’y a pas de publicité suffisante, la bière aura plus de difficulté à se vendre.

ADL : Avez-vous remarqué un intérêt croissant pour les boissons équitables ou produites localement ?

Ph. D. : S'il y a une demande particulière, c'est plutôt au niveau du bio. Mais, pour le consommateur, il faudrait pouvoir acheter du bio au prix d'un produit blanc… Mission impossible.
Ceci dit, concernant les prix, on remarque le même phénomène au niveau des boissons de marque connue. Les ventes de ce type aux particuliers ont nettement diminué. Nos camions ne sont plus remplis de casiers de Coca-Cola comme auparavant, par exemple.

ADL : Quels sont vos défis pour les années à venir ?

Ph., V. et S. D.: Nous souhaitons maintenir la sprl telle qu'elle est là. Nous désirons rester une entreprise à taille humaine surtout quand on pense aux difficultés de recruter du personnel. Dans notre secteur d'activité, par exemple, il n'y a pas de possibilité de congé en juillet-août. Or, les jeunes de maintenant ont tendance à privilégier leur vie de famille. Il n'est donc pas aisé de composer avec cette nouvelle génération.
En résumé, nous continuerons à privilégier un service irréprochable, de proximité et de conseil à nos clients. La qualité avant la quantité !

Route de Bomal 42A
6940 Barvaux

Tél.: 086 21 11 24 - Fax: 086 66 90 16

philippe.dispas@proximedia.be - www.ets-dispas.be



Retour à la newsletter