Rencontre avec Vincent Vieuxtemps de l'hôtel-restaurant-brasserie "Les Mignées"

Par Caroline Lamy, juillet 2013

Vincent Vieuxtemps est un jeune patron dynamique qui met un point d'honneur à travailler pour et avec les gens des environs: 85% de ses clients sont des locaux et les produits et services qu'il utilise proviennent, dans la mesure du possible, de la région.

Un bel exemple !

ADL: L’Horeca : une envie depuis toujours ou le hasard de la vie ?

Vincent Vieuxtemps: J'ai commencé à travailler dans l'Horeca tout jeune car je voulais voyager et, pour cela, il me fallait des sous. C’est à la Côte Belge que j'ai appris à porter des plateaux, j’y faisais des extras. Et puis, au fur et à mesure, j’ai pris goût à ce métier. J'aime le contact avec les gens. L' Horeca est devenu ma vie.

ADL: Vous êtes connu à Durbuy Vieille Ville, non ?


V.V.: J’ai travaillé environ 10 ans sur la place de Durbuy ! Mais aussi un peu partout sur la commune. Et puis un jour, je me suis dit qu’il serait bien d’avoir ma propre affaire : j’ai donc fait des extras à droite, à gauche en attendant de trouver L’opportunité.

ADL: Avez-vous toujours travaillé en salle ?


V.V.
: Toujours. Je suis quelqu’un qui aime le contact. Et, en salle, j’ai l’impression que je m’assure mieux que tout se passe bien.

ADL: Quand vous êtes-vous lancé pour votre propre compte ?

V.V.
: Je me suis lancé le 27 mars 2009. Cela fait maintenant un peu plus de quatre ans que cette belle aventure a commencé. Aujourd'hui, je suis entouré de collaborateurs et de mon épouse. Nous sommes complémentaires dans le travail, chacun amène ses idées et on les associe.

ADL: N’avez-vous pas eu « peur » de vous installer ici ? Malgré que vous soyez le long d’une grand route, l’endroit est assez isolé…

V.V.: Non car j’ai vu le potentiel du bâtiment, de l’espace environnant, de la plaine de jeux ; bref, de l’outil de travail ! Ceci dit, c’est difficile de relancer une affaire, d’y apporter sa touche, de se faire connaître et de refaire un nom à l’établissement (NDLR : Pour rappel, pendant des dizaines d’années,  le bâtiment était exploité en tant que friterie - restaurant mais également en tant que manège). Mais, depuis la reprise, on amène sans cesse de nouvelles choses. Par exemple, on vient d’agrandir un peu la terrasse.
Quant à  sa situation le long de la route, ça me rassurait. Je me rappelle encore me dire qu’on allait aussi profiter d’une clientèle touristique vu le passage. Mais, au fil du temps, je me suis rendu compte que la route servait principalement aux locaux qui allaient et venaient entre leurs lieux de domicile et de travail.

ADL: Vous en avez pris votre parti…


V.V.
: En effet ! Ici, nous faisons tout pour que les gens se sentent bien, un peu chez eux, relax, en dehors de l’agitation. Ils retrouvent une ambiance sympa et détendue… Mon objectif, c’est satisfaire les gens avec de bons plats et de bonnes boissons, qu’ils viennent ici pour se détendre. Les parents peuvent siroter un verre en terrasse alors que les enfants s'amusent sur la plaine de jeux et profitent de l'espace tout autour du bâtiment. J'essaye de miser sur l'ambiance et le bon moment que les gens peuvent passer ensemble ! J'aime être attentif à cela car on traverse une période de crise dans laquelle les gens se sentent stressés et déprimés par le temps.

ADL: Deux éléments auxquels vous devez faire face. Comment faites-vous ?

V.V.: Tenter de remédier à cela n'est pas simple mais on gère le tout avec optimisme. Il faut trouver un juste équilibre pour se maintenir. S'il pleut, on fait passer le message qu'on peut venir se mettre à l'abri en dégustant un bon repas dans une ambiance sympa et ce, à des prix raisonnables. Par exemple, on dispose d’une spacieuse brasserie et d’un restaurant cosy où l’on propose la même carte avec les mêmes tarifs ; c’est juste le cadre qui diffère.



ADL: Vous disposez également de 8 chambres...


V.V.
: En effet ! Les chambres sont au calme dans un milieu rural.  Elles sont équipées de bain et douche. La télévision est présente dans chaque chambre.  Un accès internet est également disponible dans la brasserie.  Notre hôtel est une destination de détente et de relaxation. 

ADL: La notoriété de Durbuy, un avantage ?


V.V.
: Oui, très clairement. La vieille ville de Durbuy, c'est la vitrine. C'est pour elle que les touristes viennent sur notre commune. Rares sont les gens, en Belgique, qui ne connaissent pas Durbuy, au moins de nom. Et, dans le Nord de la France, Durbuy commence aussi à être connue. La région toute entière est attrayante et, vu que les gens n'hésitent plus à se déplacer, tout le monde en profite !

ADL: Le tourisme gastronomique est en plein développement. Remarquez-vous cette tendance ?


V.V.
: Je pense qu'il y a toujours eu un tourisme gastronomique sur Durbuy mais qu'il se développe, en effet, de plus en plus. Ne prenons que l'exemple de l'adhésion de restaurateurs de la commune au réseau « Terroir & Patrimoine » qui a vu le jour en France (NDLR : Pour rappel, adhérer à ce réseau, c’est s’engager à cuisiner des produits locaux).

ADL: Quels sont les avantages de faire partie du réseau « Terroir & Patrimoine » ?

V.V.
: Pour l'instant, on ne ressent pas encore les avantages de cette adhésion au réseau parce que c’est encore trop récent. Le fait d'avoir eu une animation culinaire comme celle donnée par l'ADL et l'Office Communal du Tourisme avec Carlo De Pascale, c'est très chouette parce que ça ouvre vers d'autres horizons, parce que ça a permis un passage dans la presse avec un reportage non pas « publicitaire » mais qui faisait le focus sur des gens qui ont envie de travailler d'une certaine manière. « Terroir & Patrimoine » ne peut que se développer.

ADL: La France, un exemple en la matière ?


V.V.
: Tout à fait ! Contrairement à nous, les Français  sont fiers de leurs produits.
Malgré ce qui se met en place, rien qu'à Durbuy (mise en valeur des producteurs, rencontres et échanges entre restaurateurs et producteurs, atelier culinaire et dégustations de produits, etc), nous ne sommes qu'à cinq pourcent de nos capacités. On pourrait bien mieux faire !  Et les lois ne nous aident pas... Même s'il en a envie, les normes sanitaires et autres contraintes imposées pourraient démotiver un restaurateur à travailler les produits locaux. C'est vraiment dommage !

ADL: Ca n'a pas l'air d'être votre cas. Nombreux sont les produits de la région à figurer sur votre carte... Est-ce une volonté bien ancrée ou une manière de suivre la nouvelle tendance ?


V.V.
: Quand on veut travailler, on a aussi envie de faire vivre les gens autour de soi. En tout cas, c'est ma conception des choses. A partir de ce moment là, la question ne se pose pas. Pourquoi aller chercher ailleurs ce qu’on a ici ? Pareil pour les services. Autant faire vivre les gens du coin. Si on veut faire vivre notre région, il faut consommer les biens et services de notre région, tout simplement !

ADL: Quels sont vos objectifs pour les années à venir ?

V.V.
: Je suis un optimiste de nature mais je ne veux pas me fixer des objectifs bien précis car je pourrais être déçu. Je veux juste pouvoir me maintenir et espère pouvoir être un peu plus à l'aise d'ici quelques années afin de consacrer plus de temps à ma vie de famille. Gérer une jeune entreprise dans le secteur Horeca fait qu'on est non stop dans son établissement. C'est beaucoup d'heures mais je le fais avec plaisir parce que j'aime ce que je fais.

ADL: Un petit conseil pour ceux qui voudraient se lancer ?

V.V.
: Chacun à sa façon de voir et de gérer les choses. Je dirais : « Se donner à fond et ne rien attendre en retour. Le seul retour à attendre est la satisfaction du client ». Et vu l'époque qu'on traverse, je me dis qu'il faut vraiment calculer son coup. Avoir sa propre entreprise, c'est du boulot, c'est votre vie. Même votre jour de congé le téléphone sonne et vous devez y répondre. Il n'y a pas 12 heures où on n'y pense pas ! C'est impossible !

Route de Marche 110 - 6940 Barvaux

Tél.: 084 43 00 60 - Fax: 084 43 00 61

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- www.lesmignees.be

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