Souhait de collaboration avec les entreprises privées

Entretien rédigé par Caroline Lamy, mars 2012

Jessica Rucquoi est jobcoach chez Integra Plus.

A travers cet entretien, découvrez une alliée pour vos recrutements...


ADL: Jessica Rucquoi, vous êtes jobcoach chez Integra Plus. Pouvez-vous nous dire en quoi consiste votre fonction ?

Jessica Rucquoi.: J’accompagne toute personne qui est désireuse de s’engager dans une recherche d’emploi. Ce sont des personnes qui veulent acquérir des compétences, qui souhaitent s’engager dans une expérience professionnelle et trouver un emploi rapidement. On voudrait vraiment développer une collaboration avec les indépendants car je suis aussi chargée d’effectuer de la prospection dans les entreprises. Cela signifie que lorsque j'ai un profil qui pourrait intéresser une entreprise, je suis chargée de prendre contact avec elle, de voir un peu ce qu’elle recherche et, si ça correspond, j'accompagne la personne chez l’employeur. L'objectif est de permettre la rencontre entre la demande de la personne coachée et les besoins des entreprises.

ADL: Le concept est séduisant...

J.R.: D'autant plus que nous pouvons fournir plusieurs avantages aux employeurs potentiels :

  • Les informer sur les aides à l’embauche, en collaboration avec le Forem, afin qu'ils puissent profiter d'interventions financières

  • Collaborer avec eux afin de déterminer les profils recherchés

  • Offrir un suivi et un accompagnement des travailleurs dans l'emploi afin que l'expérience professionnelle puisse se dérouler dans de bonnes conditions

  • Pouvoir apporter des informations sur le contrat de travail, les droits des travailleurs, etc.

ADL: Nous avons entendu parler de ce qu'on appelle "la convention article 61", qui est le pendant de l'article 60 mais pour les entreprises privées. Pouvez-vous nous en dire plus ?

J.R.: C’est l’employeur privé qui établit le contrat de travail avec juste une convention de tutorat qui est mise en place entre l’employeur, la personne engagée et l’agent d’insertion du CPAS (ici, c'est moi), .C'est-à-dire qu’il y a, au sein de l’entreprise, une personne qui va jouer le rôle de tuteur et qui va accompagner la personne engagée. L'objectif est toujours que la personne acquiert une expérience professionnelle et des compétences. Attention que dans ce cas précis, il s'agit uniquement de l'engagement de personnes qui bénéficient du revenu d'intégration au niveau du CPAS.

Les avantages pour l’employeur
sont multiples:

  • L'apport de notre collaboration afin de déterminer un profil de fonction

  • L' obtention d'une intervention financière via le CPAS afin de diminuer le coût salarial de la personne engagée. Cette aide peut éventuellement être cumulée au plan d'embauche Activa pour obtenir encore plus d'avantages au niveau du coût salarial ainsi qu'une réduction des cotisations patronales

  • Notre suivi aussi bien pour l'employeur que pour l'employé

ADL: Très souvent, quand on parle d'interventions financières qui peuvent diminuer le coût salarial, les entrepreneurs se montrent méfiants. Comment les rassurer par rapport à cela ?

J.R.: Nous sommes conscients de ce phénomène et c'est pour cette raison qu'il est vraiment intéressant de développer une collaboration avec eux et un travail de partenariat pour pouvoir apporter les réponses aux questions qu'ils se posent et lever les à priori.

ADL: Idem par rapport au public visé par cette "convention article 61".

J.R.: En effet. Mais, vous savez, on se rend compte que ces personnes, qui ont réussi à résoudre toute une série de difficultés (personnelles, familiales, d'autonomie...), à mettre en place une réflexion personnelle, qui ont été soumises à des évaluations, etc sont devenues des personnes tout à fait capables de gérer un rythme de travail, une fonction, des compétences. Quand on démarche un employeur pour un poste de travail qu'il offre, c'est parce qu'on sait que le candidat qu'on va proposer est crédible et prêt à travailler. Ce sont des personnes qu'on connaît, qu'on accompagne et qu'on évalue. On fait un travail d’orientation avec elles, on voit quel type d'offre on va rechercher ensemble, quelles sont leurs compétences, leurs expériences passées... On travaille le CV et la lettre de motivation ensemble. J’ai donc déjà une idée très précise des entreprises vers lesquelles je vais me tourner.

ADL: Quand un travailleur "quitte-t-il" son statut "Article 61" ?

J.R.: A la fin du contrat, tout simplement. Mais la durée du contrat est définie avec l'employeur. Ceci dit, l'aide du CPAS est limitée dans le temps et est, en général, apportée durant une année. L'objectif étant, bien entendu, que le travailleur soit, au final, engagé par l'entreprise. Les statistiques de l'Union des Villes & Communes de Wallonie démontrent d'ailleurs qu’il y a beaucoup d’évolution de l’article 61 vers des contrats à durée indéterminée puisque l’employeur a pu former la personne et lui permettre d’acquérir des compétences propres à l'entreprise.

ADL: Concrètement, comment allez-vous prospecter ces entreprises privées ?

J.R.: Nous cherchons, dans la mesure du possible, à entrer en contact avec les entrepreneurs locaux afin de comprendre leurs réels besoins en termes d'emploi. Notre connaissance du tissu économique local permet, tant que faire se peut, de faire se correspondre l'offre et la demande.

ADL: Avez-vous un message à faire passer aux entrepreneurs du secteur privé ?

J.R.: C’est vraiment important pour moi de développer un travail de collaboration avec les employeurs, de connaître leurs besoins et, éventuellement, de les aider à les exprimer. Pour ceux qui sont effrayés par les plans d’embauche, par le recrutement, on peut servir d’intermédiaire. Vous savez, on participe de plus en plus à des jurys de recrutement, on organise des présélections pour justement envoyer à l’employeur non seulement une personne qui a les compétences mais qui va aussi rentrer dans la vision et la culture de l’entreprise. Car, en effet, ce n’est pas tout de savoir bien travailler physiquement et intellectuellement, il faut aussi entrer dans l’esprit de l’entreprise. Les employeurs auront évidemment, et c’est bien normal, tendance à vouloir trouver LA bonne personne. Mais c’est bien rare quand elle existe réellement. Donc, on peut aider les employeurs à trouver la petite formation qui manque à la personne. Et ce petit manque de rentabilité que la personne aura au début pourra être comblé par une prime, par exemple. Nous avons aussi des outils d’évaluation à mettre à la disposition des employeurs. Car, quand il y a un souci avec un membre de personnel, ils n’osent pas toujours le dire ou comment s’y prendre. On peut servir de médiateur entre les deux. Et tout cela gratuitement !


Jessica Rucquoi
Chainrue 3 - 6940 Barvaux
Tél.: 086 21 06 02